<d> Eivind Opsvik
Overseas
Foxtrot, Redford, Punchball, Ivandovich, Italian
Movie Theme, Twelve Days, Quickstep, Earthly,
Hertzian Waves, Indian Summer, Prelude,
Overseas
Eivind Opsvik (b), Tony Malaby (ts), Loren Stillman
(as), Jason Rigby (ss, bass clarinet), Jacob Sacks
(p), Craig Taborn (Hammond), Wells Hanley
(Fender Rhodes, p), Gerald Cleaver, Jeff Davis
(dm), Dan Weiss (perc)
Enregistré à New York et Hampton les 11 mars et
19 juin 2002
Fresh Sound New Talent 146 (Mélodie)
Eivind Opsvik ? A vos souhaits ! Surpris par la
fraîcheur glacée de Norvège, sans doute, que ce
jeune contrebassiste apporte avec lui. Le temps
d’un détour par New York où il a repéré
quelques musiciens pour enregistrer son
premier bébé, et voilà Overseas qui débarque.
Pas en fanfare, certes, ce n’est pas le genre de la
maison. C’est au contraire une musique qui
prend son temps ; pas d’affolement, il y a de
l’espace pour tout le monde : saxophonistes
(notamment Tony Malaby), claviers (souvent
Jacob Sacks au piano + Craig Taborn à l’orgue
Hammond), batteur, percussionniste et donc
contrebassiste. L’avantage de ce dernier, en tant
qu’unique compositeur, c’est qu’il mène des
développements harmoniques sûrs qui laissent
les atmosphères s’installer dans le sillage de
mélodies simplissimes. « Foxtrot » est à cet
égard un goûteux thème d’ouverture qui plante
le décor. Chaque morceau se construit ainsi sur
une trame générale où la spontanéité jouxte
le
free (« Hertzian Waves »), mais à la mode
européenne. Overseas, enregistré à la Grande
Pomme, mixé à Oslo, reflète bien la fusion des
deux sensibilités qui émanent de part et d’autre
de la grande « mer » atlantique. La composition
appelée « Italian Movie Theme » n’a-t-elle pas
pour phrase de départ une variante des
premières notes de « Beautiful Love »,
classique parmi les classiques américains ? Bref,
ce disque a un son, un son de partout, un son du
monde, à l’image de « Earthly ». Une douceur
tranquille, vaguement pop, savamment distillée,
qui augure d’un millénaire réjouissant. On
suivra ça de près.
Thomas Marcuola (www.jazzhot.net)